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Economie Hydraulique Suisse

Essay by   •  March 22, 2016  •  Dissertation  •  2,060 Words (9 Pages)  •  1,074 Views

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Problématique :

En Suisse, la Stratégie énergétique 2050 mené par la Confédération prévoit un développement de la force hydraulique. La production annuelle moyenne d’électricité doit atteindre au moins 37,4 TWh/a en 2035, et 38,6 TWh/a d’ici 2050. Actuellement, la production provenant de la force hydraulique en Suisse représente 36 TWh/a. Une étude réalisée en 2012 (« Le potentiel hydroélectrique de la Suisse », «Potentiel de développement de la force hydraulique au titre de la stratégie énergétique 2050) par le département Fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC), dépendant de l’Office Fédéral de l’énergie (OFEN), montre que le potentiel de 3,1 TWh/a de force hydraulique pourrait être exploité si les conditions économiques et socioéconomiques évoluent dans un sens favorisant la force hydraulique. Sans cette évolution, seul le potentiel de 1,5 Twh/a serait exploitable. Ce potentiel provient à la fois de la réalisation de nouvelles centrales, mais aussi de transformation et d’agrandissement de centrales actuelles. Pourtant, la conjoncture économique actuelle n’est pas adaptée à un développement de l’hydraulique en Suisse. Une étude réalisée par l’Office Fédéral de l’énergie met en avant le fait que la rentabilité de 25 projets de grande hydraulique planifiés mais non encore réalisés n’est pas optimale, dû au faible prix de l’énergie et du C02.

Le prix de l’électricité a en effet atteint son niveau le plus bas : en 2008, le prix du marché était de 12 centimes le KWh, et il à chuter jusqu’à 5,5 centimes le KWh. En 2014, il a encore chuté de 20% pour atteindre 4,5 centimes le KWh. La conjoncture économique de 2015, avec l’abolition du taux plancher de l’euro à provoquer une chute du prix de l’électricité de 17% pour s’établir à une valeur de 3,8 centimes le KWh. Les prix à termes négociés avec l’Union Européenne pour l’année 2020 sont encore plus bas, autour de 3,5 centimes d’Euros le KWh. Ainsi, aucune amélioration au niveau du prix de l’électricité n’est prévu ni à cours, ni à moyen terme. Les causes de cette chute des prix sont multiples.

Premièrement, l’intégration de l’électricité provenant de la force hydraulique en Suisse dans le marché Européen cause d’importants problèmes. L’étude « Subsidies and costs of EU Energy » (2014), réalisée pour le compte de la Commission Européenne, et plus précisément du « Directorate-General for Energy » donne des informations sur le coût des énergies. La force hydraulique, qu’elle provienne des grands barrages ou des aménagements au fils de l’eau (petite hydraulique), présente les coût les plus faibles à la fois au niveau des couts réels et au niveau des couts externes.

Le « Levelised costs » de l’énergie est défini dans cette étude comme étant le coût réel de production de l’énergie (Centrale, exploitation, etc …), sans prendre en compte les aides publiques. Dans ce domaine, la grande hydraulique présente un coût d’environ 30€/MWh, la petite hydraulique 50€/MWh. L’électricité provenant de l’éolien présente un coût moyen d’environ 100€/MWh, ainsi que le solaire. En ce qui concerne les énergies non renouvelables, le charbon est à 75€/MWh, le gaz à 100€/MWh, et le pétrole 250€/MWh. Le nucléaire présente un coût d’environ 100€/MWh.

Les coûts externes, prenant en compte l’influence sur le climat, l’épuisement des ressources énergétique, la formation de particules polluantes et les impacts sur la toxicité humaine, les terres agricoles, l’eau etc… sont également présentés dans cette étude. Ce coût externe est estimé à moins de 10€/MWh pour l’énergie hydraulique et provenant du vent, à environ 25€/MWh pour le nucléaire, la biomasse et l’énergie solaire. En ce qui concerne les énergies non renouvelables, le gaz présente un coût d’environ 50€/MWh, tandis que le charbon, la lignite  et le pétrole sont évalués autour de 100€/MWh.

Sur la base de ces informations, on se rend compte que la force hydraulique est actuellement l’énergie la moins chère au niveau de l’exploitation, mais également par rapport à l’impact sur l’environnement et la planète en générale.

 Comment se fait-il donc que l’hydraulique Suisse ne soit plus rentable, et que même les exploitations en cours présentent des pertes ? 

Il faut noter que les prix évoqués précédemment ne tiennent pas en compte du marché réel de l’électricité ni des subventions accordés aux différentes énergies. En effet, la présence d’importantes subventions accordées par différents pays de l’union européenne aux énergies renouvelables (solaires, éolien) couplés au faible prix du charbon et le manque de taxation du CO2 à pour effet de diminuer fortement le prix de l’électricité.

L’étude « Subsidies and costs of EU Energy » nous informe sur la valeur de ces subventions dans les pays de l’Union Européenne, et par leur destination. L’Allemagne est le pays qui à le plus subventionner le secteur de l’énergie en 2012. Ces subventions s’élevaient à plus de 25 Milliards de dollars. Elles ont été affectés au secteur du solaire (environ 5 Milliards) de l’éolien (2,5 Milliards), de la biomasse (4 Milliards) mais également au secteur du charbon, extrêmement polluant, à hauteur de plus de 2,5 Milliards de dollars. Ces subventions sont également importantes en France, et en Italie, qui de par leur situation géographique proche du Suisse impact fortement le marché de l’énergie en Suisse. Le chiffre d’affaire de la force hydraulique en Suisse est estimé à environ 2 milliards de francs par an, ce qui correspond à moins que les subventions accordés au charbon en Allemagne ! Dans ce contexte, il est difficile pour la force hydraulique Suisse d’être compétitive.

D’autres facteurs entre en jeu. Avec le développement des gaz non conventionnels aux Etats Unis, les coûts du gaz ont chutés rapidement. Ainsi, les compagnies américaines se sont tournées vers l’exploitation de cette énergie au lieu de celle du charbon. En Europe, avec l’indexation des prix du gaz sur le pétrole dans le cadre de contrats à long terme, les prix du gaz sont restés élevé. L’afflux du charbon américain en Europe non utilisé aux Etats Unis a provoqué une chute du prix de cette matière première, et la rend extrêmement compétitive au niveau des couts pour la production d’électricité. Ajouté à cela, les dernières années ont vu une diminution du prix de la tonne de carbone à 7€ la tonne, ce qui est un avantage pour la production d’électricité sur la base d’énergie non renouvelable.

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